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2017-2018
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INTERVIEW N°60 BENJAMIN SAILLARD (Gardien U18)
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INTERVIEW N°60 BENJAMIN SAILLARD (Gardien U18)

Publié le 13 mars 2018 par

INTERVIEW N°60  BENJAMIN SAILLARD  (Gardien U18)

    C’est avec un réel plaisir que je vais vous présenter Benjamin Saillard, jeune gardien de but U18. C’est un garçon charmant, attachant et presque droit dans sa conduite. Il y’a quelques saisons il nous est arrivé, libre joueur n’ayant évolué qu’à la cour de récréation. De Sommières-du-Clain dans le fond du Poitou dont il est originaire, celui qu’on appelle parfois «Ben», sinon «Benji», a fait son petit chemin et son nid au club de Poitiers 3 Cités. A ses débuts, il était brouillon devant le but. En cela, Ben a beaucoup travaillé et resserré les mailles pour ne plus être une passoire. Il a surtout compris que pour être un gardien rassurant les autres, il fallait de l’abnégation et de l’exemplarité au travail demandé. Le cas Ben me semble à cet effet instructif. En outre, je préfère un joueur reconnaissant ses faiblesses et s’attelant à les combler, plutôt qu’un autre hautain de ses forces masquant des carences et restant sur ses acquis. Benjamin a donc eu le mérite de progresser à Poitiers 3 Cités, en travaillant d’arrache-pied. Il est toujours présent aux entraînements des seniors. Il a également participé à quelques entraînements des filles où il a été pris en charge par Simon Hérault l’entraîneur des gardiennes. «Benji» ne se lasse pas en effort et même en souffrance pour s’améliorer. Sa grosse voix de veau résonne souvent en écho dans les tours du Clos Gaultier, pour signaler qu’il va avoir le ballon. Mais malgré le tempo, Ben voit parfois le ballon se glisser au fond des filets, comme s’il savonnait ses gants. Pourtant, il a fait des parades spectaculaires, sauvant à maintes reprises son équipe. Depuis quelque temps, Benjamin joue régulièrement avec les seniors des équipes 2 et 3 masculins. Très rarement avec sa catégorie U18 où on ne demande pas souvent ses services. Au niveau scolaire, Benjamin Saillard fréquente le Lycée Nelson Mandela (ex Auguste Perret) et y prépare un bac professionnel. Donc après Sommières-du-Clain, Benjamin est devenu citoyen de la commune de Poitiers. C’est ce jeune homme sans problème que j’ai aujourd’hui le plaisir de mettre à la une. Ben est un gamin qui ne broie pas du noir, qui a l’optimisme comme devise et voit la vie en rose. Il aura des choses à dire, qui pèsent parfois sur le cœur. 

    Gaspard (Gaspard Ntsika) : Bonjour Ben. Depuis que je t’avais promis cette interview, te voici enfin devant moi. Tu es jeune joueur U18, mais on a toujours tendance à te prendre pour un senior parce que tu t’entraînes et joues souvent avec les seniors. Tu es né où et quand ?

    Ben (Benjamin Saillard) : Le 30 Avril 2000 à Poitiers.

    Gaspard : Tu es un garçon attachant. Je ne t’ai jamais vu pousser des coups de gueule comme d’autres qui ne savent plus ce qu’est le droit d’ainesse. Est-ce qu’il t’arrive de t’énerver à la maison ou dans ton milieu scolaire ? 

    Benjamin : Non, je suis quelqu’un de calme. Mai comme tout le monde, il peut arriver de m’énerver un peu.

Gaspard : Ben, j’ai été jeune comme toi. Alors il ne faut pas me dire que tu ne fais pas de bêtises. A quand date ta dernière bêtise, et qu’est-ce que tu as fait ? 

    Benjamin : Je ne fais pas des bêtises. A part des «colles» à l’école. Mais je ne me souviens même plus quand.

    Gaspard : Tiens mon œil ! Tu sais bien que l’adolescence est la période où on déconne le plus ? Alors ?

    Benjamin : Non, j’ai toujours été sage.

Gaspard : Je me rappelle qu’une nuit après les entraînements, tu repartais à vélo sans lumière et sans gilet fluorescent. Et je t’ai rappelé que la nuit «tous les chats sont gris». Est-ce que tu prends toujours ce risque ? Quel moyen de transport tu utilises pour venir aux entraînements et aux matchs depuis que Séverine ne t’escorte plus ?  

    Benjamin : Je prends le bus. Je ne viens plus à vélo. C’est lorsque j’étais en stage que j’utilisais le vélo parce que je ne pouvais pas venir en bus. Je passais à la maison juste pour récupérer mon sac de sport. Je suis maintenant grand et je me débrouille seul. 

Gaspard : A quel âge et où as-tu commencé de faire du foot ?

    Benjamin : C’est à l’âge de 6 ans, à Sommières-du-Clain. 

Gaspard : A tes débuts, étais-tu déjà gardien de but, sinon à quel poste tu jouais ?

    Benjamin : Comme la plupart des gamins, je voulais être attaquant. J’ai commencé d’être gardien en U14 ici. C’était juste pour dépanner l’équipe. Après JB (Jean Baptiste Kaptue Mabou) m’a remplacé. Et j’ai joué défenseur droit. 

Gaspard : Depuis combien de temps tu es à Poitiers 3 Cités ?

    Benjamin : J’avais arrêté le foot vers 9 ans. Ensuite j’ai repris à l’âge de 14 ans à Poitiers 3 Cités. 

Gaspard : Tu vis dans un quartier à mi-chemin entre la Gibauderie et la Plaine. Alors, pourquoi tu as choisi de jouer à Poitiers 3 Cités, plutôt qu’à la Gibauderie ou au CEP très proche ?

    Benjamin : C’est parce que j’avais plein de copains jouant aux 3 Cités qui m’ont incité de jouer avec eux. A l’époque que j’avais commencé, c’est Thomas Gautier qui était mon entraîneur.

    Gaspard : Ben avec le temps, je sais comment tu joues. Je connais tes points forts et tes points faibles. D’abord concernant tes faiblesses, pourquoi tu te loupes souvent même lorsque tu cries fort à tes défenseurs «laisse !» ? Trop de confiance en toi ou peur ? Mauvaise vision de la trajectoire du ballon ?

    Benjamin : C’est plutôt un manque de confiance et pas la mauvaise vision du ballon lorsqu’il arrive. Maintenant c’est mieux. J’ai quand même progressé. 

Gaspard : Concernant tes points forts, j’aime d’abord ton état d’esprit, puis tes parades sur des ballons difficiles à négocier. Ensuite tu progresses au fil des jours pour ne plus être la passoire qu’on a connue à tes débuts. Est-ce que c’est le fait d’être à tous les entraînements seniors et de participer à quelques entraînements de filles avec Simon Hérault, que tu as gagné en confiance ?

    Benjamin : C’est un peu tout ça. Comme quoi le travail paye. Et je gagne aussi en confiance.

Gaspard : Tu as donc fait des progrès. Mais comment comptes-tu combler les faiblesses que tu as encore pour être le «Mandanda» qu’on attend en équipe 1 des garçons ? Sur quoi selon toi tu dois travailler pour t’améliorer encore ?

    Benjamin : (Ben rigole d’abord d’être bientôt le «Mandanda» des Trois Cités). Je pense à un peu de faiblesse dans le mental. Mais j’espère que ça va aller mieux avec le temps. Puis il faut que j’arrive à bien placer mes défenseurs, à bien leur parler et à m’imposer. Tout cela vient avec le travail aux entraînements et les conseils.

Gaspard : Loin de moi l’idée de t’accabler sur ta famille. Mais pourquoi on ne voit plus ta sœur Cloé joueuse enthousiaste qu’on a vu les saisons passées avec les U14-U17 féminines ? As-tu fait quelque chose pour l’encourager à reprendre le foot ?

    Benjamin : Non, elle a un problème au genou qui fait qu’elle ne peut plus reprendre le foot.

Gaspard : Et l’autre sœur, Aurélie, a-t-elle pratiqué du foot au moins une seule fois dans sa vie ? N’a-t-elle été que ta supportrice, parfois au chaud dans la voiture ? 

    Benjamin : Non, elle n’a jamais fait du foot. (Ben rigole de sa sœur regardant le match dans la voiture). Elle a aussi regardé hors de la voiture.

    Gaspard : Mais pourquoi on ne la voit plus avec Séverine venir t’encourager ?

    Benjamin : Elles ont d’autres choses à faire, surtout que je suis maintenant grand.

    Gaspard : Au niveau scolaire, quel est ton parcours et quels établissements as-tu fréquenté jusqu’à aujourd’hui ? Tu es en quelle classe maintenant ?

Benjamin : J’ai fait la maternelle et le primaire jusqu’au CM1 à Sommières-du-Clain. Puis j’ai continué au CM2 à St-Exupéry lorsque je suis arrivé à Poitiers. Au collège, de la 6è à la 3è, j’ai été à Camille Guérin. De la seconde jusqu’à maintenant en terminale, je suis au lycée Nelson Mandela. En ce moment je prépare un bac professionnel avec pour option «Menuiserie-Aluminium-Verre».  
 
Gaspard : Après ton bac professionnel, que comptes-tu pratiquer comme métier ?

Benjamin : Je ne sais pas encore. Il faut déjà que j’ai mon bac.   

Gaspard : Essayons de faire des projections, car je te considère comme un enfant sage malgré une histoire familiale compliquée. Lorsque tu auras un boulot assuré, te vois-tu être un père de famille sérieux et tout le reste qui suit, par exemple des enfants ?

    Benjamin : Ben oui bien sûr ! On vit aussi pour ça, se reproduire. C’est la base de la vie. 

Gaspard : Entre nous Ben, quand tu ne viens pas au foot et ne vas pas au lycée, qu’est-ce que tu fais d’habitude pour passer le temps libre ? Vagabondages au centre-ville, promenades en campagne ? Parties de jeux vidéo ou scotché devant un écran plasma à te crever les yeux avec des pizzas livrées par un porteur ? 

    Benjamin : Je joue aux jeux vidéo, seul ou avec des copains. Je fais aussi des promenades avec des potes, en ville ou dans le quartier. Pas en campagne. Je regarde très peu la télé, sauf lorsqu’il y’a des matchs de foot. 

Gaspard : Ben je te remercie d’être venu pour cette interview. Tu es un garçon sympathique qui ne fait pas beaucoup de bruit, sauf lorsque tu pousses des cris sur le terrain réveillant sans doute les bébés et effrayant les oiseaux aux alentours des tours du Clos Gaultier. Je retiens de toi que tu es un jeune gardien qui a l’ambition de progresser. Tu as effectivement fait des progrès depuis que je te vois jouer. C’est pourquoi j’entrevois avec optimisme ton évolution dans les saisons à venir. Selon moi, il n’y a que les imbéciles qui croient évoluer en ne restant que sur leurs acquis. Continues à venir souffrir aux entraînements et tu verras que tes efforts seront récompensés un jour. Tu es jeune et écoute les conseils des plus âgés qui ont vu la lumière avant toi. Pour ce qui me concerne, je sais qu’on se reverra toujours et je ne manquerai pas de t’apporter mon soutien. Reste comme tu es, et ne te laisse pas détourner la tête par ceux qui ne te feront pas nécessairement que du bien. Je ne te demande pas d’oublier ton passé familial difficile. Mais prends le passé comme un élément positif te permettant de rebondir. Avant de nous séparer pour cette interview, aurais-tu des dédicaces à l’endroit de tes coachs, tes potes du foot, tes camarades de classe et même ta famille ?

    Benjamin : Je remercie tous mes camarades qui me soutiennent et m’encouragent aux entraînements et matchs. Merci aux coachs qui me font confiance, et à toi-même Gaspard. J’adresse un coucou à ma famille. Le fait de venir au foot me permet de décompresser après le lycée et de rencontrer d’autres personnes pour des échanges. C’est une autre famille pour moi.

Gaspard : Encore merci Ben. Avec cet entretien je t’ai découvert sous d’autres plans. Parce que beaucoup de sujets sortant du cadre de cette interview m’ont touché. On se reverra bientôt. Allez, je vais te laisser chez toi car il se fait tard.

Interview réalisée le 9 Mars 2018

Gaspard NTSIKA

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