INTERVIEW N°64 ANGELIQUE CHAIGNEAULT (Joueuse Senior)

2018-2019
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INTERVIEW N°64 ANGELIQUE CHAIGNEAULT (Joueuse Senior)

Publié il y a 5 mois par

INTERVIEW N°64  ANGELIQUE CHAIGNEAULT  (Joueuse Senior)

Angélique Chaigneault me donne l’allure d’une Marquise. Pourtant, ce n’est qu’une footeuse dans l’âme, qui sait être au four et au moulin, dans le manoir du foot. Pour mieux dire, Angélique Chaigneault est une joueuse qui ne rechigne guère d’aller au front. Comme la fleur dont elle partage le prénom, Angélique nous vient de l’estuaire de la Gironde en Charente-Maritime. Originaire de Royan, Mademoiselle Chaigneault a commencé de pratiquer le foot au bord de la mer, avant d’aller patauger dans le «Marais Poitevin». En outre pendant quelques saisons, elle a été pensionnaire d’un lycée jouxtant la «Venise Verte» et a joué avec les «Chamoises Niortaises». Puis à la faveur de la recherche d’emploi, elle est venue s’installer à Poitiers, nous arrivant comme un joyau de la mer et des marais. Actuellement, elle travaille dans un supermarché où, pour les besoins de mes courses, je la rencontre parfois. Sourire angélique illuminant ses yeux bleu-océan, Chaigneault Angélique est comme une féline sur un terrain de foot. Par ailleurs, sa polyvalence lui doit de jouer sur toutes les lignes et dans n’importe quelle équipe féminine senior, parmi les deux que compte le club. Elle fait alors l’affaire et le bonheur d’Aziz Masrour et Victor Cianchi les deux coachs des féminines. Angélique a la chance d’être souvent entourée par des membres de sa famille, dont son petit frère à l’allure du «Prince» William et sa maman Christelle officiant quelques fois en tant qu’arbitre de touche. En tous cas, le sport semble une activité bien ancrée dans le clan des Chaigneault. Dans la vie de groupe, Angélique est comme un ange ne posant aucun problème comportemental, et encore moins des sautes d’humeur. Je me suis souvent demandé si une petite timidité l’habitait. A moins que ce soit les bénéfices de son éducation ou simplement de son tempérament. En tous cas ceux qui ne connaissent pas cette doucereuse fille vont la découvrir un peu à travers cet entretien qui a longtemps attendu sa réalisation. Le plaisir et la fierté m’appartiennent, de vous présenter cette joueuse qui compte comme tant d’autres de ce qui est enviable dans la section féminine de Poitiers 3 Cités. Angélique va donc parler avec sa voix presque étouffée, pour exprimer sa petite expérience au club et lever le voile sur un pan de sa vie et ses activités ici ou ailleurs.

Gaspard (Gaspard Ntsika) : Mille excuses Angélique. Cet entretien devrait se faire la saison passée. Mais pour des raisons ne dépendant pas que de moi, je suis aujourd’hui enfin heureux d’être en face de toi. Car longtemps tu as été dans ma ligne de mire pour te faire parler par le biais d’une interview. Avant d’aller dans la profondeur de notre conversation, dis-moi d’abord où et quand tu es née.

Angélique (Angélique Chaigneault) : A Royan, le 6 Octobre 1997.

Gaspard : Née donc à Royan au bord de la mer ; mais de quelles contrées sont originaires tes parents ?   

Angélique : Ma mère a des origines espagnoles (par ses parents), même si elle est née à Royan. Mon père est français et vit à Jonzac.

Gaspard : Je connais un peu Royan où j’y ai même pris une fois le bac pour aller de l’autre côté de l’estuaire dans le Médoc. Mais à part les plages et cabanes de pêche au carrelet, qu’est-ce qu’il y’a de vraiment sensationnel dans ton pays ? Si tu étais hôtesse à l’office de tourisme de Royan que vanterais-tu ?

Angélique : A part la mer et le beau feu d’artifice du 14 juillet, pas grand’ chose. Il faut quand même souligner qu’on y trouve de bonnes huîtres. 

Gaspard : Revenons à Poitiers. Au club, des filles ont chacune un petit nom, comme Matou, Adi, Tiph, Kaka, Nanou, Dje, Fio et que sais-je. C’est quoi ton petit nom pour les intimes ?

Angélique : On m’appelle par plusieurs petits noms. C’est parfois Gegel, Jeangel, Angel, voire Congel. Mais c’est selon les milieux et les personnes.

Gaspard : Je trouve ton sourire toujours angélique et je t’ai rarement vu t’énerver ou pousser des coups de gueule. Qu’est-ce qui peut te mettre vraiment en colère ?

Angélique : Je suis rarement en colère, et je n’aime pas les embrouilles. Pour que je sois vraiment en colère, il faut vraiment me pousser à bout.

Gaspard : A quel âge as-tu commencé de jouer au foot ? C’était où ?

Angélique : A 5 ans, à St-Sulpice près de Royan.

Gaspard : Pourquoi tu t’es mise au foot et pas à un autre sport ? Dis-moi qui t’a poussé au foot, toi-même ou quelqu’un d’autre qui t’aurait influencée ?

Angélique : Déjà petite, j’aimais jouer au ballon dans le jardin. Puis ma mère m’a inscrite au club de St-Sulpice, et j’ai continué.

Gaspard : Peux-tu me retracer ton itinéraire de footballeuse ? Quels clubs as-tu connu ?

Angélique : Donc j’ai commencé à St-Sulpice et j’y ai joué jusqu’à 13 ans. A 14 ans, je suis allée jouer avec les «Chamoises» de Niort jusqu’en 2014. Puis j’ai pris une année sabbatique pour préparer mon diplôme. Je suis enfin arrivée à Poitiers 3 Cités en 2015 où je suis restée jusqu’à aujourd’hui.

Gaspard : Pour quelle raison tu as choisi de jouer à Poitiers 3 Cités et pas ailleurs comme à Nouaillé, Migné, Lusignan par exemple ?

Angélique : C’est un peu par amour. Et puis j’avais entendu la réputation du club et je n’ai pas cherché ailleurs.

Gaspard : Cela fait déjà un bout de temps que je te vois jouer, et j’ai constaté ta polyvalence. Finalement, à quel poste tu te sens le mieux ?

Angélique : Normalement je préfère jouer en milieu défensif, n°6. Mais lors d’un match, je joue pour jouer. C’est mon but principal. Je joue au poste qu’on m’attribue sans se poser trop de questions.

Gaspard : Tantôt tu joues en équipe 2, tantôt en équipe 1. Entre nous, est-ce que cela te pose un problème pour t’accommoder ? Et souffres-tu de cela ?

Angélique : Pas du tout. J’ai longtemps joué en équipe 2. Et à une époque, Jean Paul Blot m’avait testé en équipe 1. Aujourd’hui avec Aziz, je livre des matchs avec l’équipe 1. Ces changements ne me posent aucun problème. Comme j’ai dit, je joue là où on me met et l’essentiel c’est de jouer et de tout donner.

Gaspard : Dans ton parcours footballistique, combien de buts estimes-tu avoir marqué ?

Angélique : Oh là là ! J’en ai marqué mais je ne sais pas combien. Pas vraiment plus d’une vingtaine. Et puis au poste où je joue, ce n’est pas toujours évident.

Gaspard : Quel est ton point fort au foot ? En d’autres termes, quels sont les gestes techniques que tu affectionnes ? Le dribble, le tir, le jeu de tête… ?

Angélique : Le jeu de tête où je suis bien. Je maîtrise moins le dribble. Sinon pour le tir, je le fais à l’instinct comme ça vient.

Gaspard : A part le foot, pratiques-tu un ou d’autres sports ? Lesquels ?

Angélique : Avant avec l’UNSS au collège, je pratiquais plusieurs sports. Aujourd’hui je ne fais que le foot.

Gaspard : Cette saison n’a pas mal commencé pour les filles de Poitiers 3 Cités, malgré quelques défaites faisant perdre des points pour la première place. Selon toi, comment tu perçois la suite du championnat et qu’est-ce qu’il faut changer pour cela aille le mieux possible ?

Angélique : D’abord il faut que tout le monde vienne aux entraînements. Lors des matchs, il faut aussi que tout le monde se batte. En ce moment, c’est un peu difficile, car il y’a pas mal de blessées. Mais il faut toujours être optimiste car certaines reviennent petit à petit.

Gaspard : Poitiers 3 Cités reste en course pour la Coupe Nouvelle-Aquitaine Féminine. Et tu sais bien que la saison passée on est allé jusqu’en demi-finale. Crois-tu qu’on pourrait cette fois arriver au moins en finale ?

Angélique : Oui, pourquoi pas, si toutes les filles ont envie. L’année passée, c’était un petit mixage des équipes 1 et 2. Il faudra une seule équipe très solide, comme si on jouait un match normal de championnat.

Gaspard : La Coupe du Monde Féminine de foot aura lieu en France, en Juin-Juillet 2019. Alors ma chère Angélique, quel est ton pronostic ?

Angélique : Je pense que les Françaises ne sont pas prêtes pour gagner cette coupe même si elle a lieu à domicile. Elles peuvent aller loin. Mais selon moi ce sera les USA ou l’Allemagne. 

Gaspard : Côté scolaire quel est ton cursus, de la Maternelle à aujourd’hui ? Quels établissements as-tu fréquenté ?   

Angélique : J’ai fait la maternelle et le primaire à St-Sulpice. J’ai ensuite fréquenté le collège Henri Dunant de Royan. J’ai fait le lycée à Niort en préparant un bac pro. Puis l’ayant raté, je l’ai préparée et réussi en tant qu’auditeur libre à la maison en 2015.

Gaspard : Aujourd’hui, as-tu un emploi pour subvenir à tes besoins ?

Angélique : Justement c’est après mon bac que je suis arrivée à Poitiers à la recherche d’un emploi. Aujourd’hui je travaille à Leclerc de Poitiers depuis trois ans.

Gaspard ; A part le job et le foot, aurais-tu une autre activité ? Parce que j’ai entendu dire que tu joues bien la guitare et que tu chantes bien.

Angélique : Ah non. C’est Sarah (Tmimi) qui joue la guitare et chante bien.

Gaspard : Quand je viens vous voir jouer, je constate parfois la présence de ton petit frère William et de ta mère Christelle dans ton fan club. Je sais que tu as un autre frère répondant au prénom de Guillaume. Est-ce qu’ils font ou ont fait du foot ?

Angélique : William joue au foot en District à St-Sulpice. Quand j’ai le temps, je vais le voir jouer. Guillaume ne fait pas de sport. Ma mère en a un peu pratiqué lorsqu’elle était jeune. Après s’être fait opérer de la hanche, elle a arrêté.

Gaspard : De plus, ta maman est parfois arbitre de touche et je la sens sportive dans l’âme. Quel sport pratique-t-elle actuellement ?

Angélique : Rien du tout. Sauf qu’elle a fait du foot, du volley et du hand.

Gaspard : Et ton frère William qui me fait penser à un Prince de Galles, quel autre sport pratique-t-il ?

Angélique : Que du foot (Gaspard croyait qu’il faisait aussi du cheval).

Gaspard : Tu vis à Poitiers où est concentré l’essentiel de tes activités. Mais quand tu repars à Royan, que fais-tu d’habitude ? La pêche en haute mer ? La promenade dans l’arrière-pays ?

Angélique : D’abord je profite de ma famille, puis je vais aussi à la plage lorsque le temps me le permet.

Gaspard : Et à Poitiers, comment tu occupes ton temps libre en dehors du foot et du travail ? Fréquentation des boîtes de nuit, beuveries entre copines, promenades dans les bois, visites dans les musées ou quoi d’autre ?

Angélique : Non, je ne fais pas grand’ chose. Je me promène parfois. Je vais aussi chez Fiona à Châtellerault. 

Gaspard : Angélique, notre entretien touche presque à sa fin. Merci d’abord pour ta patience. Je suis heureux d’avoir réalisé cette interview avec toi et cela a été compliqué pour moi, car beaucoup m’ont posé des lapins. Ensuite j’ai eu du plaisir à t’avoir en face de moi pour me gaver de tes beaux yeux et découvrir un peu plus de toi. Tu es l’une des filles que j’admire voir jouer, notamment par ta polyvalence. Et tu ne fais pas des vagues où qu’on te mette. Parce que quelque soit l’équipe ou le poste qu’on t’assigne, tu apportes toujours ce que tu sais faire. Continues de rehausser ton niveau de jeu et ce sera pour le bien du club et pour mon plaisir. Tu as des capacités inexploitées comme celles des fonds abyssaux de la mer. Quand je viendrais te voir jouer en compagnie des autres filles, ce sera toujours un délice. Avant de nous quitter pour cette interview, aurais-tu des dédicaces, messages ou remerciements à l’endroit de tes camarades du foot, tes coachs, des amis d’antan ou d’aujourd’hui ? Quel message pour ta maman Christelle et ton frère William qui, quelque soient la distance et les intempéries, viennent te supporter ?

Angélique : D’abord mes remerciements à mes coachs d’avant pour avoir cru en moi et qui m’ont aidé à ma progression. A ma mère qui m’a vu partir très jeune et m’a souvent suivi au foot. A mon frère William qui m’a toujours accompagné au foot, je ferais la même chose dans la mesure de ce que je peux pour aller le voir jouer.

Gaspard : Encore merci Angel. Je te libère pour aller retrouver tes copines et partager la joie de votre victoire contre ton ancienne équipe Niort. A bientôt.

Interview réalisée le 3 Mars 2019

Gaspard NTSIKA


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